Porte mon nom !

Pourquoi nos enfants, que nous portons, que nous mettons au monde, ne porteraient-ils pas automatiquement notre nom ?

 

J’y ai pourtant longuement réfléchi avant la naissance de mon premier enfant ! Pour le deuxième c’était tracé, Je n’allais évidemment pas lui donner un nom différent !

J’ai souhaité que mes enfants portent le nom de leur père, bien sûr, mais j’aurais aimé qu’ils portent également le mien. Seulement deux noms accolés, c’était beaucoup. Et puis leur père leur transmettait un nom bien français. le saint Graal, peut-être pour une petite fille de primo arrivants ? Je ne sais pas pourquoi j’ai pris cette décision que je regrette.

J’ai pensé à l’apprentissage de l’écriture, aux appels à l’école. Au nombre de fois où l’on se moquait de mon nom lorsque j’étais enfant. Et puis aux échanges téléphoniques où les gens ne comprennent jamais du premier coup et à ce nom que j’épelle systématiquement.

La reconnaissance nous l’avons pourtant faite en même temps, le même jour, pour bien marquer que c’était notre enfant à tous les deux. Autant responsable l’un que l’autre, autant impliqué, autant concerné. Bref égaux devant la parentalité.

Mais comment peut-on être égaux lorsque l’enfant porte le nom de l’un et pas de l’autre ? J’ai regretté bien sûr. Très vite, j’ai détesté me présenter en disant Céline Cammarata, la maman de …. Evidemment les gens ne peuvent pas deviner que cette femme dont le nom n’a rien à voir avec celui de son enfant est la mère dudit enfant. A l’école, chez le médecin, à l’hôpital, dans les compétitions, auprès des enseignants, toujours cette même phrase. Les papiers à remplir, jusqu’à cette autorisation de sortie de territoire qui n’est pas valable, justement car nous n’avons pas le même nom et à laquelle il faut adjoindre le livret de famille ! Et je ne vous parle même pas de la banque. Lorsque nous avons voulu ouvrir des livrets d’épargne et que le parent responsable était le père, j’ai bondi. « Mais pour quelles raisons vous décidez que c’est le père ? Pourquoi nous n’avons même pas d’avis à donner ? » « Parce que c’est la loi Madame »;

Administrativement idem, Tous les courriers sont adressés au nom du père. Je les ai portées, mises au monde mais j’appartiens à l’ombre.

Entre temps, la loi a changé.  Celle du 04/03/2002 modifie la transmission des noms de famille. Elle est publiée au Journal officiel du 05/03/2002. Elle entre en vigueur le 01 janvier 2005. Elle supprime toute mention au patronyme car patro vient du latin pater et fait donc référence au père. On remplace ce mot par nom de famille.J’ai donc proposé à mes filles de porter les deux noms accolés. Elles ont déclaré qu’elles voulaient bien porter mon nom mais qu’alors il fallait supprimer celui de leur père parce que deux noms vraiment c’était trop long, trop lourd ! Je sais très bien que l’importance que ce sujet revêt à mes yeux, à mon cœur et à ma raison leur échappe totalement. Pourtant c’est une épine permanente comme si l’on reniait la part de moi qu’elles portent. Comme si l’ADN de leur père avait gommé le mien.

Mon nom c’est aussi une part de moi et donc de mes enfants.

Je fais avec, bien évidemment,  je ne pleure pas chaque jour ! Pourtant ce sujet reste d’autant plus sensible que je me sens totalement incomprise. Bref je vis avec. Et voilà qu’une jeune navigatrice s’ouvre à moi sur le sujet et me dit combien elle déteste se trimbaler avec  deux livrets de famille. Un peur chaque enfant ! Elle n’a pas droit à un livret de famille bien à elle avec ses deux enfants inscrits dedans. Non ! Ses enfants portent chacun un nom différent, celui de leur père et son nom à elle ne peut leur servir de trait d’union ! Comme s’ils n’étaient pas frère et sœur. Cette injustice la révolte, elle veut que ce sujet soir porté. En 2019, nous en sommes encore là ? Une femme doit obtenir l’autorisation du père de ses enfants pour leur donner son nom et en cas de refus, de désaccord c’est le nom du père qui prime ? Au nom de quoi ? Qu’est-ce qui le justifie ?

Pétition « Porte mon nom »

 

 

2 Commentaires

  1. Dupré

    Tout à fait d’accord. C’est plein de bon sens et d’humanité. De plus cela n’´enlève rien au père et rétablit un droit pour la mère.

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    1. Céline Cammarata (Auteur de l'article)

      Nous sommes bien d’accord. Cela n’enlève rien aux pères, cela donne juste les mêmes droits à celles qui les mettent au monde…

      Répondre

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