Sentiment d’appartenance national – Regard'elles

Sentiment d’appartenance national

 

Le besoin de l'union

Le besoin de l’union

Sentiment d’appartenance national.ou comment s’obstiner à trouver du beau et du positif en chaque chose car il faut continuer à avancer. La France s’est trouvée un héros, cela fait du bien, cela interroge. Comme pour chaque grand mouvement historique : la question demeure : Et moi qu’aurais-je fait en pareille circonstance ? Me serais-je enfuie comme un lapin trop heureuse qu’un vaillant soldat me délivre ? On ne sait pas pourquoi, on ne sait pas comment certaines personnes en situation exceptionnelle conservent une extrême lucidité et sont capables d’actes héroïques. L’hommage à ces héros et héroïnes ne leur apporte rien. Je ne sais même pas si leurs familles en éprouvent un quelconque soulagement. L’hommage nous apporte du réconfort à nous, pauvres vivant.e.s devant faire face à un monde dont la barbarie nous effraie car elle reste incompréhensible et opaque. Comment comprendre ce mal absolu qui frappe sans justification ? Ainsi la mort de Mireille Knoll est insupportable; Aberration, stupéfaction, sidération…. Dans ces moments, se regrouper, se réunir, rendre hommage donnent l’impression de faire quelque chose. Illusion d’une non totale inutilité de l’humain. Dans ces moments là, la réaction du fils de la vieille dame, Daniel Knoll fait du bien. Elle nous autorise à nous sentir tous touché.e;s, tous et toutes ensemble uni.e.s face à ce que l’on ne comprend pas. Les commémoration, les marches ne changent rien au problème, elles font juste du bien à l’âme.

C’est ce que j’ai expliqué à ma fille, élève de 4ème dont l’établissement scolaire n’a pas daigné organiser une minute de silence et qui avait honte que j’interpelle la direction. Gênée comme le sont les adolescents dans la période où ils veulent juste ne pas se faire remarquer et n’ont aucune envie d’avoir une mère trop réactive et prompte à l’indignation. Mais comment ne pas s’indigner si l’on refuse à nos enfants, l’opportunité de ressentir leur appartenance nationale. La France, les françaises et les français ont besoin de figure qui incarnent la résistance, la révolte, l’humanité. Nous avons besoin de nous dire qu’il est possible de s’opposer à la violence gratuite qui nous tombe dessus sans crier gare. Une violence que tout le monde craint car elle frappe sans distinction, les jeunes, les vieux, les pauvres, les riches… Il suffit juste de se trouver au mauvais moment, au mauvais endroit. Alors, on fait semblant de prendre des mesures. On interdit aux pompiers de porter leur tenue sur les trajets entre leur domicile et leur caserne. On empêche les militaires de se grouper aux abords des sites de l’armée. On empile les mesures de sécurité aux abords des établissements scolaires; Par période, on fait mine de fouiller nos sacs mais à part épuiser nos forces de police et nos forces militaires, nous savons bien que ces mesures ne changent rien. Nous savons pertinemment que les fous sanguinaires ne portent pas une pancarte sur leurs fronts et que nous sommes bien incapables de les repérer. Alors il nous reste le sentiment d’appartenance, l’admiration pour ceux et celles qui sont capables de se lever pour lutter. Comme ses jeunes kurdes qui plutôt que d’attendre d’être massacrées dans leurs villes ont décidé de se battre quoi qui leur en coûtent et même si aujourd’hui la reconnaissance se fait attendre de la part de la communauté internationale. Celui qui jette son scooter contre un poids lourd qui sème la mort dans Nice et qui dans un mouvement désespéré s’acharne à se battre alors que les forces en présence sont totalement inégales nous redonne l’espoir. L’illusion de notre pouvoir d’action. Alors oui, je suis définitivement choquée, touchée, blessée, indignée quand j’apprends que dans l’établissement dans lequel ma fille évolue chaque jour la direction comme les professeur.e.s n’ont pas jugé utiles de dire ces choses là à leurs élèves. Comment ne pas brandir la moindre bribe de dignité qui se présente ? Ils sont interrogés au brevet, au bac sur la démocratie, sur les valeurs de la république mais n’est-ce pas dans leur quotidien que nos enfants doivent se saisir de ses valeurs ?

4 Commentaires

  1. Sylvain

    J’approuve à 100% ce que vous écrivez, y compris votre soutien aux Kurdes, lâchement abandonnés par les gouvernements occidentaux. Malheureusement je ne crois pas que le sacrifice héroïque du colonel Beltrame et la mort de Mireille Knoll puissent changer les choses. Rappelez-vous : il y a un, Sarah Halimi a été victime d’un crime raciste et antisémite commis par un Malien, et l’affaire a été étouffée, tout comme d’ailleurs l’affaire d’Evry en 2014. J’ai définitivement perdu toute estime dans les milieux politique, médiatique, associatif etc…Je prône désormais l’abstention. Si j’avais plus le temps, je vous expliquerais pourquoi. Quant au refus de l’établissement scolaire d’organiser une minute de silence en l’honneur de Beltrame, je trouve cela honteux, mais, vu le climat régnant en France aujourd’hui, je ne suis hélas nullement surpris.

    Répondre
    1. Céline Cammarata (Auteur de l'article)

      Je suis désolée, je crois avoir effacé un de vos commentaires dans la masse des spams…

      Répondre
      1. Sylvain

        Ah bon, je croyais que c’était voulu. Tant pis ! Souhaitez-vous que je vous en renvoie un identique ?
        Bien à vous.

        Répondre
        1. Céline Cammarata (Auteur de l'article)

          Volontiers, je n’ai même pas eu le temps de le lire, j’efface les spams à la pelle et je n’ai pas pu le récupérer.

          Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *