Quelle injustice pour les porcs !

Cochon noir

Cochon noir

Quelle injustice pour les porcs ! C’est vrai, ils ne méritent pas ça, pauvres bêtes. En plus le #Balancetonporc tombe juste au moment où je suis en deuil d’un cochon noir. Le pauvre Elliot a été blessé mortellement par un chasseur alors qu’il gambadait joyeusement avec ses copines chiennes au milieu des chevaux. Un chasseur en mal de sensation tire près d’une habitation, au beau milieu des chevaux et autres animaux qui vivaient tranquillement sans rien demander à personne.

Ce cochon évoluait paisiblement entouré d’affection mais il n’a pas échappé à la malédiction du porc considéré comme une proie ; Du coup, l’identifier à un prédateur me semble le paroxysme de l’injustice.  Les harceleurs, les violeurs ne sont pas des porcs. C’est bien le problème, leur comportement est un comportement humain. Je sais, en tant qu’être humain, la comparaison fait mal. N’empêche, il faut bien regarder la réalité en face.

Ce hastag me fait penser à ma révélation, un jour, dans un cercle de filles. Rien de prémédité, on discutait de choses et d’autres. Et là, la discussion est venue sur le harcèlement de rue, les agressions ordinaires. Et en fait, toutes les filles autour de la table en avaient autant que moi à raconter –beaucoup plus même mais je ne l’ai appris que plus tard-. Gamine, je pensais ne pas avoir eu de chance, entre les exhibitionnistes, les gars super flippants qui te poursuivent dans la rue, les mains aux fesses, celui qui t’a coincé dans une côte alors que tu pédalais, celui qui a essayé de t’embarquer dans sa voiture –cette fois là j’avais 11 ans et la peur de ma vie-, je me disais que vraiment j’avais été plusieurs fois au mauvais endroit au mauvais moment. Mais en fait, non, les autres filles ont vécu la même chose. Toutes petites : qui s’est faite coincée par un inconnu en grimpant dans son immeuble, qui s’est faite sautée dessus sur un banc de l’école par des garçons qu’elle pensait être ses amis. Et ça c’est pour les chanceuses… Car en plus, il y a une échelle de richter des agressions ! Il y a les choses qu’on avoue dans un cercle de filles et puis celles qui ne sortent pas ou qui sortent 10 ans après, ou qui sortent lorsque l’on est maman à son tour. Il y a celle qui s’est faite peloter par son oncle, celle qui s’est faite violer par un ami de la famille –un mec bien que ses parents adorent-, celle, encore plus petite,  qui s’est faite tripoter sur la balançoire dans le jardin de ses parents. Le pompon, le viol par son amoureux. Le pire c’est que certaines font dans la double, la triple… peine…

Ce #Balancetonporc, c’est un tour de table national, tant pis pour les porcs, tant pis pour le nom; Ce qui compte, c’est que cela sorte. En entendant les faits énoncés par d’autres, une femme réalise peut-être mieux l’horreur. Car les femmes intériorise depuis toute petite les comportements. Les blagues déplacées, les réflexions sexistes, c’est « pour rire ». Et puis elles se trouvent toujours prises au dépourvu lorsque cela arrive. Alors lorsque la parole se libère, la bonne société reproche les lourdeurs, le mauvais esprit. Pourtant pouvoir dénoncer des comportements sexistes c’est bien le minimum. Car même si une femme avertie en vaut deux, une femme et pire encore une jeune ou très jeune femme manque de réparti, voir de répondant -j’entends un bon coup bien placé- quand la situation dérape. Malgré tout, la sidération domine. En ayant des filles à mon tour, ces sujets me touchent particulièrement et mon agressivité s’exprime un peu vivement ; A la manière d’une Lamborghini ou autre voiture de sportive, vous savez le temps calculé de 0 à 200 km/heure.

Donc la Une des Inrocks sur Bertrand Cantat, les révélations sur Weinstein, me rongent… Mais finalement, je crois que le pire reste l’indifférence des autres femmes, leur manque de solidarité, voir pire leur complicité. Bref, je viens de regarder en replay le reportage sur le harcèlement. Le lien se trouve ci-dessous et vraiment je recommande ce documentaire d’Andrea Rawlins-Gaston et Laurent Folleade, diffusé dans l’émission Infrarouge. Mais alors accrochez-vous ! Entre les témoignages hallucinants des victimes –la matière pour faire un bon thriller psychologique bien glauque- et le petit quizz avec Guillaume Meurice et Maryline Baldeck, Déléguée générale de l’Association européenne contre les Violences faites aux Femmes au Travail, les propos surtout de la gent féminine, peuvent faire bondir. Du genre : « pourtant je suis féministe mais… » ou « ah mais si on ne peut plus draguer dans l’entreprise » et des perles que je vous laisse découvrir.

Heureusement, le final avec la victime qui fait face dans un jeu de rôle démontre que les femmes conservent des ressources insoupçonnées…. Il faut bien se rassurer comme on peut pour lâcher deux jeunes filles dans cette jungle en sachant que forcément à un moment ou un autre elles seront confrontées à des pervers, des violeurs…. car comme me l’a si bien déclaré l’un d’eux un jour : « mais la femme est une proie pour l’homme depuis la nuit des temps… »

Infrarouge sur le Harcèlement sexuel

14 Commentaires

  1. Sylvain

    Croyez-vous vraiment que le sexisme, la cruauté ou la manipulation soient l’apanage des hommes ? Quelle naïveté ! Il faudrait quand même insister sur le « cas » Caroline de Haas, qui prône la délation (méthode de fasciste, avec tous les dérapages que cela implique inéluctablement ) et qui en même temps avait tenté de minimiser les centaines d’agressions sexuelles de Cologne. Quant à sa déclaration « un homme sur deux ou trois est un agresseur » c’est un exemple caractérisé de sexisme imbécile, exactement comme si un homme disait « une femme sur deux ou trois est une fille facile ».
    Abnousse Shalmani, qui pourrait donner de nombreuses leçons de féminisme à toutes les Caroline de Haas du monde, à d’ailleurs dit son écoeurement : « le féminisme est devenu un stalinisme »…

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    1. Céline Cammarata (Auteur de l'article)

      Concernant Caroline De Haas avec qui j’ai pu travailler notamment grâce à un partenariat fructueux sur le site expertes.eu, beaucoup d’amalgames et de propos déformés sont à l’origine de la cabale dont elle est la victime. Enfin concernant le soi-disant stalinisme du féminisme, dois-je vous rappeler que le féminisme ne tue pas ? Votre comparaison est un peu facile et légère. Oui les femmes doivent parler. Depuis quand il faut protéger les agresseurs ?

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      1. Sylvain

        Le problème de la délation, c’est que PAR DÉFINITION elle touche beaucoup d’innocents. Quant aux propos de C.de Haas sur Cologne ou sur les hommes dont « un sur deux sur trois est un agresseur », je n’ai pas l’impression qu’ils aient réellement été déformés. Mme de Haas ne s’attaque pas à Tariq Ramadan…non, elle préfère s’attaquer à Nicolas Hulot en se basant sur des rumeurs…Tout le monde sait en effet que le ministre de l’écologie est un violeur en série, voire l’équivalent de Marc Dutroux ! Par contre Mr Ramadan est l’être le plus inoffensif du monde…
        Bien à vous.

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    2. Céline Cammarata (Auteur de l'article)

      Concernant sa phrase, « un homme sur trois », elle a clairement expliqué qu’elle avait été sortie de son contexte et de ce fait n’avait plus aucun sens. Le féminisme n’a JAMAIS tué personne. Le sexisme tue chaque jour. Les petites filles sont tuées dans le ventre de leur mère en Chine, à la naissance en Inde, un conjoint tue sa femme tous les trois jours en France… Je peux continuer longtemps à vous parler de la culture du viol, des attaques à l’acide, des femmes condamnées à épouser leur violeur…
      Le stalinisme n’est pas une invention féministe ! Alors comparer une lutte pacifiste à un système qui a tué et expédié en masse des humains au Goulag ne m’apparaît surement pas comme une leçon. Pour tout vous dire, je trouve cette comparaison ridicule et sans fondement.

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      1. Sylvain

        Mais justement ! Caroline de Haas et la plupart des autres figures « féministes » médiatiques ne luttent pas contre la culture du viol ! Elles sont complaisantes envers Tariq Ramadan, passent sous silence les horreurs commises en Allemagne, en Grande-Bretagne ou même en France. Certains centres de planning familial en France sont noyautés par des intégristes qui prônent la liberté de pratiquer l’excision, et on ne les entend pas non plus à ce sujet. Par contre,s’attaquer à des personnalités du cinéma ou des ministres, y compris sur la base de fausses rumeurs, c’est plus valorisant. Je n’ai rien contre les vraies féministes, au contraire, mais ce ne sont pas celles que l’on voit sur les plateaux télé.

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  2. Syl

    Il y a une phrase d’Elizabeth Badinter que j’aime beaucoup : « L’homme est le meilleur ami de la femme, à condition que l’un comme l’autre apprennent à se faire respecter »
    Le féminisme ne devrait jamais s’écarter de ce principe. Lorsqu’il s’en écarte, (Caroline de Haas, Virginie Despentes) ce n’est plus du féminisme. C’est du sexisme.

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    1. Céline Cammarata (Auteur de l'article)

      Je ne partage pas votre point de vue. J’ai travaillé avec Caroline de Haas sur un annuaire des expertes et elle est intervenue sur une soirée de conférences sur notre invitation toujours avec beaucoup de talent. Je la remercie au contraire de son militantisme. Concernant Virginie Despentes, comme toute autrice, comme tout citoyenne, sa liberté d’expression participe à la richesse de la France.

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      1. Sylvain

        Tout extrémisme doit être combattu. Je fais évidemment la différence entre féminisme et féminisme radical. Si vous allez sur certains sites étiquetés « féminisme radical » vous verrez que c’est un véritable déferlement de haine, de puritanisme et d’obscurantisme dignes de ceux des Talibans. Il existe 1000 sortes de féminisme : on trouve aussi bien des féministes progressistes, antiracistes et universalistes que des féministes identitaires et racistes proches du PIR. Comme le terme « féminisme » englobe absolument tout et son contraire, difficile de s’y retrouver, non ?

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      2. Syl

        Propos de Virginie Despentes au sujet des frères Kouachi, dans les Inrocks (le journal fan de Mehdi Mekkat et Bertrand Cantat) : « j’ai été aussi les gars qui entrent avec leurs armes. Ceux qui venaient de s’acheter un kalachnikov au marché noir et avaient décidé à leur façon, la seule qui leur soit accessible, de mourir debout plutôt que de vivre à genoux »…Quand le féminisme radical frôle l’apologie du terrorisme et du salafisme. Chacun pourra se faire son opinion.

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        1. Céline Cammarata (Auteur de l'article)

          Alors je ne sais pas comment vous catégorisez les féministes et les autres, en revanche ce que je sais c’est que vous devriez relire la tribune de Virginie Despentes dont vous parlez. Elle utilise le second degré. A aucun moment elle ne fait l’apologie du terrorisme ! Elle dénonce la folie meurtrière des hommes. Elle le dit clairement dans sa conclusion..

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        2. Sylvain

          « La marche des femmes » qui a lieu actuellement aux USA démontre mon propos : parmi les co-présidentes figurent deux proches de Nation of Islam, organisation suprémaciste, raciste, antisémite et homophobe qui fait l’apologie du crime raciste. L’une des deux co-présidentes a même justifié le meurtre des femmes musulmanes reniant leur religion. Lire la tribune de Céline PiNa « pourquoi je boycotte la marche des femmes ».

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          1. Céline Cammarata (Auteur de l'article)

            Mais au final, qu’essayez-vous de démontrer ? Que les féministes sont d’horribles intégristes ? Je vous rappelle juste que le féminisme n’a jamais tué. Personnes n’a jamais prétendu que toutes les militantes sont parfaites; Vos tentatives systématiques de les décrédibiliser sont assez banales. Nombreux sont les hommes qui veulent absolument apprendre aux femmes comment elles doivent militer. Rien que de très ordinaire.

          2. Sylvain

            Mais non, vous ne m’avez pas compris, puisque Céline Pina est précisément une féministe, au sens noble du terme. Tout comme Simone Veil que j’admire. Je vous démontre simplement que le terme « féministe » est revendiqué aussi bien par des progressistes et des antiracistes sincères et crédibles (comme Céline Pina ou Simone Veil) que par des activistes intégristes et racistes qui prônent l’asservissement des femmes. C’est comme le terme « antiraciste » utilisé souvent par des mouvances racistes pour tromper le public ou contourner la loi. Cela signifie qu’il faut se méfier des impostures , et ce dans tous les domaines. Malheureusement ce travail indispensable n’est pas fait sur le plan médiatique, et cela génère d’immenses confusions. Il suffit d’allumer son poste de TV ou de consulter certains journaux pour se rendre compte que ces confusions existent chez ceux-là mêmes qui sont pourtant décrypter l’actualité. Chacun doit faire preuve d’esprit critique et ne pas se fier aux étiquettes autoproclamées, afin de ne pas se laisser abuser par les imposteurs de toutes sortes. Bien à vous.

  3. Sylvain

    Mais justement ! Caroline de Haas et la plupart des autres figures « féministes » médiatiques ne luttent pas contre la culture du viol ! Elles sont complaisantes envers Tariq Ramadan, passent sous silence les horreurs commises en Allemagne, en Grande-Bretagne ou même en France. Certains centres de planning familial en France sont noyautés par des intégristes qui prônent la liberté de pratiquer l’excision, et on ne les entend pas non plus à ce sujet. Par contre,s’attaquer à des personnalités du cinéma ou des ministres, y compris sur la base de fausses rumeurs, c’est plus valorisant. Je n’ai rien contre les vraies féministes, au contraire, mais ce ne sont pas celles que l’on voit sur les plateaux télé.

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