La France n’a pas d’autre urgence que détruire une école ?

Projet Hummingbird, la culture dans la Jungle

Projet Hummingbird, la culture dans la Jungle

 

La France n’a pas d’autre urgence que détruire une école ? Et ce alors que Mosquée et Eglise orthodoxe sont laissées debout. Je suis peut-être la seule mais je trouve cela choquant. Symboliquement détestable ! L’instruction n’est pas prioritaire. Nicolas Sarkozy et François Hollande sont donc d’accord la voix du curé porte plus que celle de l’enseignant.e ?  Cette école comme tous les lieux de vie qui se trouvaient dans la partie Sud de la Jungle de Calais avait survécu au premier démantèlement. Ces lieux de vie ont été construits par des bénévoles, par des migrants. Ils symbolisaient l’humanité envers et contre tout. De ces lieux émanaient tout l’amour et l’attention dont avaient fait preuve les petites mains qui les avaient bâti. J’avais trouvé cela tellement formidable lorsque je m’étais rendue sur place. Voir du  beau au milieu d’un bidonville ! J’imaginais le bien-être que cela procurait aux habitant.es qui slalomaient chaque jour pour éviter les eaux groupies. Une librairie, des lieux dédiés aux arts plastiques, portés par l’association Hummingbird,. un pour les enfants et un pour les adultes. Les bénévoles qui recevaient les enfants craignaient même que je photographie les dessins signés. Elles se donnaient tant de peine pour faire vivre ce lieu et le rendre beau. J’avais été touchée par le bouquet de fleurs sur la table, par les plantes à l’entrée comme j’avais été émue en découvrant le petit jardin fleuri près de l’Ashram kitchen. Là encore un projet porté par deux femmes et qui permettaient aux migrants de cuisiner, d’échanger, de faire découvrir leurs talents et ne pas être oisifs durant les longues journées entre deux tentatives de passage vers l’Angleterre. Leur grande tente avait été écrasée lors du premier démantèlement alors elles avaient repris leur activité en plus petit dans une yourte où entre les repas étaient dispensés des cours d’alphabétisation sur un tapis près de ce petit jardin..

Qu’est ce que l’on n’a pas compris ? Comment peut-on faire semblant de croire que ça y est plus aucune migrant ne s’approchera de Calais ? Les misérables cabanes détruites à coup de buldozers ont été construites par des bénévoles. Les associations caritatives ont du se mobiliser pour construire des abris en un temps record, débordées par l’afflux, sans aide et dans l’indifférence générale.  L’Auberge des migrants a construit 1500 cabanes en 5 mois, le Secours catholique 200 en 2 mois et MSF 120. Ces cabanes insignifiantes, permettaient de supprimer les tentes. De meilleurs abris quoi qu’on en pense. Misérables certes mais que les associations seules ont réussi à mettre en place. Et à l’intérieur, les migrants faisaient tout ce qu’ils pouvaient pour les rendre les plus fonctionnelles possibles. Trouvant des tapis et des moquettes à glisser sous les sommiers pour isoler le plus possible du froid. Les bâches étaient personnalisées. Ce bidonville n’était autre que la résultantes de l’abandon des pouvoirs publics. Alors on parle de mise à l’abri. Très bien, même si les CAO n’offrent pas tous la même qualité d’accueil et si l’Auberge des migrants a du faire partir en urgence des camionnettes de vivres vers certains ou envoyer des volontaires du réseau tissé à travers la France pour alimenter notamment une femme et ses enfants laissés dans un appartement sans rien à manger !

Alors oui ce bidonville en pleine France faisait honte mais pour les suivants que va-t-il se passer ? Et ceux qui ne sont partis, qui tentent toujours de se rendre en Angleterre ? Seront-ils mieux éparpillés, loin des associations qui distribuaient des repas réguliers, des vêtements, des couvertures et des duvets ?

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