Un camp de containers au milieu de la jungle

Les continers derrière les grillages .

Les continers derrière les grillages .

 

Un camp de containers au milieu de la jungle de Calais : cela surprend lorsque l’on traverse le bidonville. Outre l’aspect un peu carcéral de l’installation,  on ne peut pas manquer son aspect clinique. Tâche blanche au milieu d’un bidonville. Un lieu étonnament vide et propre et carré et uniforme au milieu d’un campement réalisé de bric et de broc où les maisons de fortune sont décorées et personnalisées par leurs habitants.

La décision d’ériger ce campement a été prise par le gouvernement pour compenser légèrement la brusque destruction des habitations de la zone Sud du camp. Une destruction violente pour les migrants bien évidemment qui n’ont même pas pu récupérer leur brosse à dents si l’on s’en tient aux débris abandonnés par les buldozers sur la zone -écologiement parlant, les terrains couverts de plastiques et déchets divers broyés et abandonnés là par les machines sont du meilleur effet.- mais difficile aussi pour les bénévoles et les associations qui se sont échinés à les construire afin de supprimer les tentes. En témoigne François Guennoc, l’un des responsables d’une association historique d’aide aux réfugiés, « l’Auberde des migrants ». « En 2014,  on servait deux repas par semaine le samedi et le dimanche à 350 personnes dont  des femmes accueillies par les No borders.  En juillet 2014, les forces de police ont démentelé deux petits camps et le squatt où les No borders avaient installé les femmes réfugiées. Au départ, les camps se trouvaient en ville. Dans la même période, nous servions 800 repas 3 jours par semaine et l’association Salam les 4 autres jours. Dans l’hiver 2015, nous servions 1000 à 1200 repas. En mars 2015, le gouvernement a évacué 8 lieux en plusieurs fois. il a ouvert le centre Jules Ferry avec des sanitaires, un lieu pour recharger les téléphone et un centre d’accueil pour les femmes. Suite à cela, nous avons du prendre en charge 1000 personnes sur un terrain; Vous imaginez la difficulté pour trouver l’indispensable ! Fin juin, nous étions à 3000. Les associations se sont organisées pour fabriquer les cabanes qui devaient remplacer les tentes. L’Auberges des migrants en a produit 1500 en 5 mois ! Le secours catholique 200 en 2 mois. MSF 120. »

Tous ces efforts réduits à néant sans distinction par les bulldozers. L’installation des containers a suscité bien des polémiques, relayées par les bénévoles des associations, scandalisés par la prise d’empreintes à l’entrée des chambres. Ces lieux présentent l’avantage d’être isolés de la boue, d’être chauffés mais les volontaires leur reprochent cet aspect froid et sans vie , le fait que l’on ne ne peut y ajouter la moindre touche personnelle et même pas se faire chauffer une tasse de thé. Pourtant lors d’une discussion avec un jeune Afghan, il m’explique que suite à la destruction de son abri, il a du se rendre dans le camp de container et qu’il s’y trouve bien. Il joue le jeu et s’adapte à un fonctionnement terriblement asservissant où les hommes doivent faire la queue pour tout, tout le temps, la douche, le ticket repas, le repas et respecter des horaires stricts d’entrée et de sortie très contraignants. Bienvenue en France.  Un pays fabuleux où des Afghans m’expliquaient qu’ils avaient de la chance car la police française ne les avait enore jamais frappé.

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